Blücher - chaussures traditionnelles et confortables
Les Blücher sont des chaussures au design simple qui, grâce à leur laçage ouvert, ressemblent beaucoup aux chaussures Derby. Elles ont toutefois moins de coutures au total et sont donc un peu plus formelles.
Variante d’exemple
Blücher à trois œillets en cuir noir embossé
C’est une variante de Blücher plutôt décontractée, même si elle n’a pas d’autres ornements comme des bouts rapportés ou des perforations, et qu’elle est par ailleurs noire. Le caractère décontracté est ici fortement déterminé par le cuir embossé, et les œillets relativement voyants vont dans le même sens. Dans cette optique, ce sont de bonnes chaussures, par exemple, avec un pantalon et une veste de couleurs différentes. Avec un pantalon de flanelle gris ou un jean foncé, j’imagine ces chaussures tout à fait adaptées.
Cette paire a même une légère semelle en caoutchouc, ce qui te permet de bien porter ces chaussures en automne et en hiver en ville. Elles t’offrent donc une excellente possibilité d’associer des chaussures noires au reste de ta tenue sans paraître trop sérieux. Le Derby comme modèle de base est aussi un bon choix pour cela, et en plus, l’embossage atténue un peu l’intensité du noir : ici, avec les reflets dans le cuir embossé, le noir paraît même plutôt comme un gris foncé.
Particularités
Tu peux reconnaître les chaussures Blücher aux caractéristiques suivantes :
- au laçage dit ouvert
- aux petites pièces de cuir cousues pour le laçage
- pas de « courbe Derby » (Derby-Bogen), qui indique autrement un Derby (voir ci-dessous)
- pas de décoration en U avec une pointe avant fendue à l’avant de la chaussure, qui indiquerait autrement un Norvégien
Confusion avec le Derby
Le modèle Blücher est souvent assimilé au Derby, car ces chaussures, surtout vues de face avec le laçage ouvert, se ressemblent beaucoup. Cependant, elles ne sont pas exactement identiques, ce que tu peux reconnaître surtout de côté et au niveau de la coupe de la tige (Schaftschnitt) — c’est-à-dire la manière dont la partie supérieure de la chaussure est assemblée.
Sur le Blücher, vu de côté, il manque la « courbe Derby » — la ligne en arc le long de laquelle deux parties de tige du Derby sont cousues ensemble. À la place, un Blücher peut, en très grande partie, être constitué d’une seule pièce de cuir — seules deux petites pièces de laçage sont encore cousues pour le laçage, et sinon, la plus grande pièce de cuir est cousue à l’arrière au niveau du talon, si nous n’avons pas devant nous une variante sans couture d’un Blücher ou d’autres variantes.
Le Blücher comme oncle du Norvégien
Le modèle de chaussure norvégien s’appuie sur la coupe de tige du Blücher et possède en plus un ornement à l’avant le long des orteils ainsi, avec la pointe fendue, un autre petit détail. Cela fait du Norvégien et du Blücher des parents au sens figuré. Le Norvégien est, pour ainsi dire, un Blücher avec un peu plus.
Histoire
Cette forme de chaussure porte le nom d’un général prussien qui a combattu Napoléon ici en Europe. Celui-ci a fait équiper ses soldats de telles chaussures, toutefois à l’époque encore sous forme de bottes. Grâce au laçage ouvert utilisé, ces bottes Blücher étaient plus faciles et plus rapides à enfiler que les modèles courants de l’époque. C’était très pratique dans l’armée, car les troupes étaient ainsi plus vite prêtes à partir. Il est probable que certains soldats pouvaient même se battre plus confortablement et avaient ainsi davantage de concentration sur le déroulement de la bataille. Peut-être que les bottes Blücher ont même contribué, à une faible échelle, à vaincre Napoléon au XIXe siècle.
Variantes
Blücher bruns avec double couture décorative
Cette variante ici a beaucoup de similitudes avec le Norvégien. La seule différence réside dans les deux coutures décoratives à l’avant de la chaussure, qui ne se rejoignent pas, mais courent comme des bandes le long de la chaussure.
À cause de ces deux coutures décoratives voyantes et de la couleur brune, ce sont ici des chaussures réussies pour les loisirs, que tu peux porter, par exemple, avec un jean, mais aussi avec beaucoup d’autres pantalons. Cette chaussure présente même un autre joli détail : si tu regardes le bord, tu peux voir qu’elle a deux coutures de semelle, toutes deux séparées l’une de l’autre par une petite barrière de cuir. On peut souvent observer deux coutures de semelle sur des montages plus complexes, et c’est un bon signe indiquant que la chaussure est particulièrement souple et qu’elle se porte donc de manière particulièrement confortable.
Appréciation personnelle
Personnellement, j’ai une légère préférence pour le Blücher plutôt que pour un Derby, parce qu’à mes yeux, sans l’arc du Derby, il paraît un peu plus élégant et plus qualitatif. Pour des occasions plus formelles, je préférerais un Blücher noir à un Derby noir. Pour les loisirs, en revanche, un Derby, avec son ornement en arc propre au Derby, fait plus décontracté et me semble donc un peu plus adapté.
Je comprends que, pour les cordonniers, la coupe Derby est plus pratique, parce qu’ils peuvent découper les pièces de tige du Derby plus facilement dans la peau de cuir. C’est peut-être aussi la raison pour laquelle, dans ma perception, le Derby est le modèle beaucoup plus répandu, comparé au Blücher.
Pour moi, cependant, le Blücher, en tant que modèle un peu plus complexe et plus exotique, exerce un attrait plus grand. Comme la différence entre les deux modèles, à vue d’œil, est marginale, tu peux aussi ignorer ce détail au début si tu souhaites t’acheter de nouvelles chaussures.



